Le plus gros gaspillage de votre entreprise ne pèse rien et ne prend pas de place

Date : 29 Mai, 2026
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des personnes dans une salle de réunion. Une des personnes a la solution mais ne la communique pas

J’ai passé du temps dans plusieurs open spaces, salles de réunion, entrepôts et dans la majorité, j’ai croisé un schéma récurrent : quelqu’un qui sait, qui a identifié le problème, qui a même la solution en tête mais qui se tait.

Pas par manque d’envie, par manque d’espace.

On parle souvent des 7 gaspillages du Lean : la surproduction, les stocks, les transports inutiles, l’attente, les mouvements, le surtraitement, les défauts.

Mais il y en a un 8ème, moins spectaculaire, plus insidieux : le talent non utilisé.

Ça n’est pas le talent qui manque.

Je parle de celui ou celle qui est là, présent, compétent(e) et qu’on n’a jamais vraiment invité(e) à s’exprimer.

Comment reconnaître ce gaspillage ?

  • Le silence en réunion quand le manager a posé une question.
  • L’opérateur qui applique un process qu’il sait absurde depuis 6 mois, mais qui n’a jamais eu le signal que son avis comptait.
  • Le « on a toujours fait comme ça » qui clôt les conversations avant qu’elles commencent.

Ce n’est pas de la passivité, c’est une réponse rationnelle à un environnement qui n’a pas créé les conditions du contraire.

Ce que le Lean dit là-dessus, concrètement :
Toyota ne parle pas de « boîte à idées ».
Toyota parle de kaizen quotidien : l’amélioration portée par celui qui fait, pas par celui qui supervise.

Ça change tout.

Parce que cela suppose que le manager ne soit plus la source des solutions, mais le garant des conditions pour que les solutions émergent.

Il existe trois leviers simples, mais qui demandent une vraie discipline managériale :

  1. Traiter le signalement comme une victoire, pas comme un aveu d’échec. Une erreur remontée, c’est un problème visible. Un problème invisible, c’est un risque permanent.
  2. Poser des questions plutôt que donner des réponses. « Qu’est-ce qui vous empêche de faire mieux ? ».
  3. Donner à chacun le pouvoir de modifier son propre standard : pas une permission exceptionnelle, une attente normale.

La sécurité psychologique n’est pas un sujet RH. C’est une condition de performance opérationnelle.

Tant qu’un collaborateur calcule le risque de parler avant d’ouvrir la bouche, vous perdez de la valeur silencieusement, tous les jours.

Et vous, dans votre organisation : est-ce que les gens parlent… ou est-ce qu’ils attendent qu’on leur demande ?

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